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Description du film Appelez-moi Madame

Soirée rencontre Jeudi 4 Mai à 20h15, en présence de la réalisatrice
Dans le cadre du festival Libres Regards

Dans un petit village normand, un militant communiste marié et père d'un adolescent, devient transsexuel à 55 ans, aidé par sa femme. Appelez-moi Madame tourné en 1986, est le second film de Françoise Romand, après son fameux Mix-up ou Méli-Mélo.

Critiques

D’abord il y a cet air, « Le temps des cerises », chanté un peu faux par la poétesse Ovida Delect, laquelle apparaît à sa fenêtre, à l’étage, et nous fait signe. La caméra s’arrête un instant sur elle puis descend vers Huguette, sa compagne, qui reprend le chant un ton trop haut. Ensuite, Ovida se rend au bureau de vote de son village, mais lorsqu’elle glisse le bulletin dans l’urne, l’assesseur déclare « Jean-Pierre V... : a voté ». État civil décalé : Jean-Pierre est devenu Ovida depuis déjà cinq ans lorsque cette scène est filmée, en 1986. Vie de famille, vie sociale, activité militante au sein du Parti Communiste, souvenirs –les parents rigides, la déportation pour faits de résistance pendant la Seconde Guerre, la rencontre avec Huguette après, la naissance de leur fils et, depuis toujours, ce sentiment profond d’être une femme et non un homme… Ovida Delect, citoyenne française âgée de 60 ans, se raconte.

Miss Romand fait des documentaires uniques. Elle s’attache aux faits mais il y a certaines réalités que peu de romanciers ou écrivains supposés sérieux traiteraient si ce n’est sous des pseudonymes... Dans Appelez-moi Madame, la cinéaste nous fait partager sa curiosité, son étonnement et son regard... - Vincent Canby (New York Times) Au-delà d’un film sur la transexualité, Romand se débrouille pour dresser un portrait complexe d’un personnage distant, coincé dans un réseau de relations sociales et intimes avec un profond respect pour le personnage et entrainant le public dans une vision de son monde intérieur... - Jonathan Rosenbaum (Chicago Reader) Le DVD d’Appelez-moi Madame, petit chef-d’œuvre réalisé par Françoise Romand en 1986. Le synopsis pourrait évoquer le pire reportage d’un Delarue, – Dans un petit village normand, un militant communiste, marié et père d’un adolescent, devient transsexuel à 55 ans, aidé par sa femme -, le résultat est aux antipodes : une merveille d’humour mélancolique et de délicatesse ; un modèle de documentaire qui, contre les principes du cinéma vérité, élabore la mise en scène du film avec ses propres personnages…

Stéphane Bou (Charlie-Hebdo)

Le principe que j'ai élaboré au fil de mon travail, en constatant que la présence de la caméra change l'attitude des « acteurs », je veux l'accentuer, donc au lieu d'ignorer le contexte, je préfère être franche et montrer qu'il y a une caméra, une équipe, et que ça dynamite le réel. C'est dans ce non-naturel, ces hésitations, que quelque chose de troublant émerge, dévoile des non-dits, des bouts d'inconscient qui fissurent le rapport du spectateur. C'est ce que je cherche et ce que j'essaye de canaliser. Même le générique d' Appelez-moi Madame raconte Ovida et l'équipe. Souvent dans mes génériques, on voit les membres de l'équipe – dans ce cas précis, Ovida serre la main des hommes et embrasse les femmes, puis l'ingénieur du son l'embrasse...

Françoise Romand, interviewée par Frédéric Gendarme pour VICE